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#SmartLogistics

14 avril 2026

Pick-to-light : comment calculer son ROI ?

Un projet pick-to-light se vend rarement sur la promesse.

Il se vend sur le calcul.

Avant d'investir dans des indicateurs lumineux pour une zone de picking, la plupart des directions logistiques et industrielles veulent une réponse précise à une question simple : en combien de temps cet investissement est-il rentabilisé ?

Le problème, c'est que cette réponse est rarement formalisée clairement.

On trouve beaucoup d'affirmations sur les gains de productivité, peu de méthodes pour les transformer en décision budgétaire.

Ce qu'un calcul de ROI pick-to-light doit vraiment intégrer

Le coût total du projet, pas seulement le prix du matériel

Le prix des indicateurs n'est qu'une partie de l'équation.

Un calcul de ROI honnête doit aussi intégrer le coût d'installation (qui varie fortement selon que la solution est filaire ou sans fil) ainsi que la configuration initiale, l'intégration avec le WMS existant, et la formation des équipes.

Sur un projet filaire, le poste installation peut représenter une part du budget aussi importante que le matériel lui-même ; sur une solution sans fil, ce poste se réduit fortement puisqu'il n'y a ni câblage ni travaux à prévoir.

Les gains de temps opérationnel : mesurables, mais souvent sous-estimés

Le bénéfice le plus immédiat du pick-to-light, c'est la réduction du temps passé à localiser un article et à se déplacer entre deux emplacements.

Sur des opérations à forte cadence, cette réduction peut atteindre jusqu'à 30 % du temps de déplacement et d'erreur de prélèvement.

Pour la chiffrer, il faut partir d'une base simple : le temps moyen actuel par ligne de commande, multiplié par le volume journalier, multiplié par le coût horaire chargé de l'opérateur.

La réduction des erreurs de prélèvement, un coût souvent invisible

Une erreur de picking ne coûte pas seulement le temps de la corriger.

Elle génère un retour produit, un litige client potentiel, parfois un geste commercial.

Ce coût complet est rarement comptabilisé dans les calculs de ROI alors qu'il pèse directement sur la marge.

Une réduction même modeste du taux d'erreur (de l'ordre de quelques points) peut représenter une économie significative sur un volume annuel important.

Les coûts de maintenance et d'évolutivité dans le temps

Un projet pick-to-light ne s'arrête pas à l'installation.

Le coût de maintenance (remplacement de batteries, support technique, mises à jour) doit être intégré sur la durée de vie estimée du matériel, généralement plusieurs années.

C'est aussi là que la différence entre solutions filaires et sans fil devient significative : un réagencement de zone de picking qui nécessite un recâblage complet a un coût récurrent que les solutions sans fil suppriment presque totalement, puisque les indicateurs se déplacent et se reconfigurent en quelques minutes.

Un scénario chiffré, du diagnostic à la décision

Pour rendre ce calcul concret, prenons un exemple plausible : un entrepôt logistique traitant 2 000 lignes de commande par jour, avec un taux d'erreur de prélèvement actuel de 2 %.

Le point de départ : avant projet

Le temps moyen de prélèvement et de déplacement par ligne est estimé à 45 secondes. Sur 2 000 lignes par jour, cela représente 25 heures de temps opérateur cumulé quotidiennement.

Avec un taux d'erreur de 2 %, l'entrepôt génère environ 40 erreurs de prélèvement par jour : soit près de 10 000 sur une année à 250 jours travaillés.

Le gain de temps estimé

Avec un déploiement pick-to-light, une réduction de 20 % du temps de prélèvement est une hypothèse raisonnable et documentée pour ce type d'opération.

Cela représente environ 5 heures de temps opérateur économisées chaque jour : soit, sur un coût horaire chargé de 25 €, près de 31 000 € d'économie annuelle sur le seul poste temps.

Le gain sur la réduction d'erreurs

Une réduction du taux d'erreur de 2 % à 0,5 % (un objectif réaliste pour ce type de déploiement) fait passer le volume annuel d'erreurs d'environ 10 000 à 2 500.

Si chaque erreur coûte en moyenne 8 € (retour, traitement, geste commercial), l'économie annuelle sur ce seul poste avoisine 60 000 €.

Le coût d'investissement

Pour une zone de 150 emplacements équipés en indicateurs sans fil, le budget global (matériel, configuration, intégration WMS, formation) se situe généralement dans une fourchette de 25 000 à 40 000 € selon la complexité du projet.

Le calcul de retour sur investissement

Avec environ 90 000 € de gains annuels cumulés (temps + erreurs) pour un investissement de l'ordre de 30 000 €, le délai de retour sur investissement se situe autour de 4 mois.

Même en intégrant une marge de prudence sur les hypothèses, un retour en moins d'un an reste un scénario réaliste pour ce type de configuration.

Ces chiffres sont des ordres de grandeur destinés à illustrer la méthode : chaque projet doit être chiffré sur la base de ses propres données opérationnelles.

Les pièges qui faussent un calcul de ROI

Sous-estimer le coût de maintenance sur la durée

Un calcul qui s'arrête à l'investissement initial donne une image incomplète.

Le coût de possession sur 3 à 5 ans (remplacement de batteries, support technique, éventuelles mises à jour matérielles) doit être intégré, sous peine de surestimer la rentabilité réelle du projet.

Oublier le coût des réorganisations futures

Un entrepôt évolue : nouvelles références, pics saisonniers, changements de zoning.

Sur une solution filaire, chaque réorganisation a un coût de recâblage qui doit être anticipé dans le calcul sur la durée.

C'est un poste que beaucoup de calculs de ROI ignorent purement et simplement, faussant la comparaison entre solutions filaires et sans fil.

Ignorer le temps de formation et d'adoption

Un système mal pris en main par les équipes ne délivre pas ses gains théoriques.

Le temps de formation et la période d'adaptation des opérateurs doivent être intégrés au calcul, même s'ils sont généralement courts pour ce type de solution.

Calculer sur une base de volume non représentative

Utiliser un jour de référence atypique (trop calme ou au contraire en période de pic) fausse l'ensemble des projections.

Le calcul doit s'appuyer sur une moyenne représentative du volume réel sur plusieurs mois.

À partir de quelle taille un projet pick-to-light devient-il pertinent ?

La question du seuil de rentabilité revient systématiquement.

Il n'existe pas de réponse universelle, mais certains repères permettent d'orienter la réflexion.

Pour les très petites configurations (quelques dizaines d'emplacements avec un volume de commandes limité) le ROI peut rester long, notamment si la solution choisie nécessite des travaux d'installation lourds.

C'est précisément sur ce segment que les solutions sans fil ont changé la donne : en supprimant le coût et la rigidité du câblage, elles rendent pertinents des projets qui ne l'étaient pas auparavant.

À partir d'une centaine d'emplacements et d'un volume quotidien significatif, le calcul devient généralement favorable, et le délai de retour sur investissement se compte en mois plutôt qu'en années, comme l'illustre le scénario présenté plus haut.

Pourquoi le sans-fil change fondamentalement ce calcul

La plupart des grilles de calcul de ROI pick-to-light ont été pensées à l'époque où le filaire était la seule option.

Or le poste qui pèse le plus lourd dans un calcul défavorable, c'est précisément celui que le sans-fil réduit le plus : l'installation et la rigidité face aux évolutions futures.

Nous détaillons dans notre article Pick-to-Light sans fil : la fin du frein à l'adoption ? pourquoi cette bascule technologique a changé la donne pour des configurations qui n'étaient auparavant pas rentables.

Pour beaucoup de projets jugés trop coûteux il y a quelques années, le calcul mérite d'être refait.

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